Syndicat des travailleuses(eurs) des centres de la petite enfance de l'Estrie - CSN

Délégués-es syndicales



Le rôle, les fonctions et les qualités de la déléguée de section

Le rôle
Les déléguées de section doivent :
  • Voir à l'application de la convention collective.
  • Voir aux règlements des griefs et des litiges conjointement avec l'agente de griefs et la conseillère ou le conseiller syndical.
  • Voir à la bonne administration du syndicat.
  • S'occuper de la vie syndicale dans leur section.
  • Voir à exécuter ou faire exécuter les décisions de l'assemblée générale ou du conseil syndical et défendre au conseil syndical, les politiques que leur suggèrent les membres de leur section.
  • Informer et consulter les membres sur les décisions à prendre, transmettre l'information reçue en l'affichant.
  • Convoquer verbalement les membres aux assemblées du syndicat.
  • Accueillir et vérifier l'adhésion des personnes nouvellement embauchées.

Il est important d'avoir une déléguée pour chaque section et d'assurer la relève.

En plus, lorsque son mandat se termine, la déléguée doit transmettre à la personne qui lui succède les informations utiles et les documents pertinents.

La déléguée est d'abord un membre important du syndicat. Elle fait partie d'une équipe restreinte. À l'intérieur de la vie démocratique d'un syndicat, elle est une intervenante importante en matière de relations de travail dans son milieu.

Elle joue un rôle de premier plan auprès des membres de sa section puisqu'elle occupe un poste-clé. Elle est l'oreille du syndicat car c'est elle qui reçoit les confidences des membres sur les multiples problèmes relatifs au travail. Disponible et accessible, elle doit donc accueillir chaque membre avec chaleur et empathie et prendre le temps d'écouter attentivement leurs revendications.

La déléguée sait que les litiges sont souvent inhérents à un défaut d'application de la convention collective. Peu à peu, elle doit développer le réflexe de consulter sa convention collective et référer au besoin au comité exécutif. Elle s'engage à faire respecter les conditions de travail négociées et codifiées dans un contrat de travail collectif.

La déléguée recherche des solutions et en discute avec les membres du comité exécutif. Tous les litiges ne deviennent pas systématiquement des griefs soumis à l'arbitrage. Certains litiges peuvent rapidement trouver leurs solutions, si la déléguée fait preuve de dynamisme et travaille en équipe avec le comité exécutif, dans un système de relations de travail ouvert sur l'efficacité et une vision à long terme. Elle assure les rencontres avec les employeurs locaux.

Les fonctions
Le poste de déléguée regroupe cinq principales fonctions. Ces cinq fonctions comprennent à leur tour plusieurs aspects qu'il est important de bien comprendre afin d'être un acteur crédible, une leader capable de relever des défis intéressants. En voici donc le détail :

L'accueil des membres
L'accueil des membres est la première étape pour établir la crédibilité de la déléguée et, par conséquent, développer une relation de confiance avec la personne qui vient vous consulter.

Lorsqu'un membre vient nous rencontrer, il faut :
  • Être disponible
  • Être accessible
  • Savoir écouter
  • Prendre des notes
Être disponible
Les travailleuses doivent d'abord savoir à qui s'adresser lorsqu'elles rencontrent des problèmes au travail. La déléguée doit offrir un accueil cordial aux membres de sa section. Il faut accorder du temps aux camarades qui ont besoin de l'aide du syndicat dans des moments difficiles. Il faut organiser les rencontres, prévoir leur durée et en informer la plaignante afin qu'elle connaisse le temps dont elle dispose pour s'exprimer.

Être présent exige un effort constant d'attention et notre inconfort, et nos préjugés n'y ont pas leur place. La disponibilité sous-entend également de l'empathie afin que la plaignante perçoive qu'elle est non seulement entendue, mais écoutée dans sa difficulté.

La disponibilité et l'accessibilité constituent aussi des conditions préalables à une rencontre de qualité.

Il y a des libérations syndicales dans votre convention collective.

Être accessible
La déléguée doit s'assurer que les membres connaissent le lieu du bureau syndical ainsi que les jours et les heures d'ouverture.

Être accessible, c'est aussi et surtout se mettre à la place de la personne qui vient nous consulter. Quelqu'un qui a l'air hautain ou qui regarde une camarade de travail avec mépris n'est pas une représentante syndicale accessible; elle bloque l'accès à l'autre. L'accessibilité nécessite donc des capacités personnelles au plan humain. Lorsque des collègues sont en difficulté, c'est important qu'elles se sentent vraiment à l'aise d'abord pour exprimer leurs difficultés. De pouvoir dire adéquatement ce qu'elles ressentent revêt une importance de premier plan. La déléguée doit écouter attentivement la personne qu'elle reçoit et prendre des notes.

Savoir écouter
Pour développer ses capacités d'écoute, il importe de :
  • se concentrer sur ce que dit l'autre;
  • procéder à l'organisation du message afin de retenir l'essentiel ainsi que les éléments fondamentaux;
  • éviter de rejeter rapidement ce qui peut paraître sans importance;
  • rester calme;
  • être attentive au non-verbal et ne pas retenir que les faits énoncés;
  • accepter les moments de silence;
  • demander des précisions, si nécessaire;
  • reprendre les éléments retenus et les reformuler pour assurer l'autre qu'elle a été bien comprise;
  • demander du temps pour réfléchir à la situation et fixer une deuxième rencontre qui indiquera à l'autre les suites à donner.

Prendre des notes
Lors d'une rencontre entre une déléguée et une camarade qui vit des problèmes au travail, l'écoute active doit s'accompagner d'une bonne prise de notes; ces notes doivent être toutes déposées dans le dossier de l'employée. La prise de notes est le premier outil constituant le dossier d'enquête du grief de la travailleuse. La prise de notes aidera la déléguée à faire le suivi avec le comité exécutif.

À la fin de son mandat, la déléguée transmettra à sa remplaçante les notes qu'elle aura conservées dans un cahier.

Le soutien aux membres
  • Informer
  • Suggérer les différentes avenues à explorer

Pour bien soutenir les membres qui réclament de l'aide lors d'un problème au travail, la déléguée doit manifester une ouverture d'esprit et de l'empathie lorsqu'elle les informe de leurs droits et les conseille adéquatement avec l'agente de griefs, au besoin. Pour bien jouer son rôle de soutien, la déléguée doit connaître la convention collective. De plus, la déléguée doit informer la plaignante de sa responsabilité de collaborer à son enquête, de fournir les documents et les pièces justificatives en temps et en lieu, pour le bon cheminement de son dossier.

Si la déléguée est incapable de donner une réponse immédiate à la personne qui se sent lésée, elle doit la sécuriser en lui fixant un deuxième rendez-vous dans un délai relativement court mais suffisamment long pour lui permettre de trouver les informations nécessaires. Elle a intérêt à partager l'objet du litige avec le comité exécutif pour bien cerner les enjeux et, par la suite, suggérer à la plaignante les différentes avenues à explorer. Ainsi, la plaignante pourra faire un choix éclairé en regard de son problème particulier.

INFORMER N'EST PAS DICTER OU PRESCRIRE DES CONDUITES À ADOPTER
Ne pas dicter des choix, mais suggérer les différentes avenues à explorer, s'il y a lieu. Une personne en difficulté demeure responsable d'elle-même, de ce qu'elle vit, de ce dont elle a besoin devant cette difficulté et de ce qu'elle choisit de faire pour y faire face. Il n'y a aucune personne mieux placée qu'elle pour choisir ce qui lui convient le mieux.

NE PAS AGIR À LA PLACE DE LA PERSONNE CONCERNÉE
Faire des démarches à la place de quelqu'un, ce n'est pas nécessairement l'aider. Lorsqu'une personne demande que l'on fasse quelque chose pour elle parce qu'elle voudrait le faire mais qu'elle a peur, ce n'est pas l'aider : c'est la déresponsabiliser.

La plaignante a la responsabilité de collaborer à son enquête. La déléguée doit lui demander de fournir les documents pour le bon fonctionnement de son dossier.

Faire quelque chose pour une personne parce qu'elle en est vraiment incapable, ça, c'est l'aider. Mais la demande doit venir de cette personne et on doit vérifier si on aide ou si on déresponsabilise.

C'est le rôle de la déléguée d'informer une personne en difficulté des ressources susceptibles de l'aider. Par exemple, l'informer des groupes de soutien existants en lien avec le problème qu'elle vit, etc.

Note : La CSN offre, par l'entremise des conseils centraux, une session spécifique sur l'entraide.

Le suivi des dossiers
  • Enquêter
  • Analyser les données
  • Rechercher des solutions
  • Documenter les solutions retenues
  • Développer l'argumentation
  • Rencontre avec l'employeur

L'intervention
Rendre les griefs collectifs. Partager les problèmes avec le comité exécutif et intervenir en assemblée générale lorsque requis.
  • Tenir des assemblées locales.
  • Participer à la préparation de la prochaine négociation de la convention collective.

L'accompagnement
  • Tout au long du processus avec l'employeur incluant les rencontres avec l'employeur
  • Recours en arbitrage et préparation du témoignage

La déléguée doit accompagner la plaignante tout au long du processus visant le règlement du grief, du litige ou de la plainte. Pour le dépôt de griefs, la déléguée doit être accompagnée d'un membre du comité exécutif.

Les qualités d'une déléguée
Pour assumer les responsabilités qui incombent à son rôle, la déléguée doit posséder certaines qualités ou tenter de les développer. La confidentialité doit être préservée même si tous les membres du comité exécutif se partagent des informations relatives aux griefs.

Les qualités d'une déléguée
  • Disponible et accessible
  • Capable d'empathie
  • Bon sens de l'écoute
  • Respectueuse et honnête
  • Responsable
  • Discrète
  • Dynamique
  • Patiente

Les limites du rôle de la déléguée
Pour être en mesure d'aider et de soutenir, il est toutefois important de reconnaître nos limites. Les limites du rôle de la déléguée sont :
  • Limites personnelles.
  • Limites extérieures liées à la portée de la convention collective, aux politiques, aux mandats syndicaux, aux statuts et règlements.
  • Limites dictées par le caractère même du rôle de la déléguée.

Les limites personnelles
Bien que l'expérience montre que les membres s'attendent à être aidés et soutenus par la déléguée, il ne va pas de soi qu'elle puisse assumer cette dimension ou se sente capable de le faire. Il s'agit alors de les référer à un membre du comité exécutif qui est prêt à assumer ce rôle.

L'aide et le soutien dont le membre a besoin peuvent être assurés par la collaboration entre deux personnes responsables; l'une assumant le suivi technique et juridique, l'autre le suivi sur le plan humain. L'important, ici, c'est de remplir le devoir moral syndical de représentation tout en respectant les limites et les capacités personnelles de la déléguée.

La dirigeante de l'exécutif et la déléguée déterminent également les limites de l'investissement qu'elles consentent à ce titre en termes de temps, d'énergie et d'encadrement. Ces limites doivent être claires et communiquées à la personne aidée aussitôt que possible. Par exemple, ne pas téléphoner à la maison, ne pas s'attendre à un rendez-vous immédiat, ne pas déranger pendant le travail ou durant les pauses, etc.

Les limites extérieures
On peut aussi constater que le mandat, les politiques, la convention collective ou encore, l'organisation des ressources humaines dans l'entreprise limitent ou encadrent le rôle de la déléguée.

Par exemple, un membre qui vit une situation personnelle difficile (divorce, décès, toxicomanie) peut avoir besoin d'aide qui aille plus loin que l'exercice de droits prévus à la convention collective (congé de maladie, assurance, congé sans traitement, etc.). Pour de tels cas, l'aide et le soutien consisteront principalement à s'occuper des aspects de droit qui concernent l'application de la convention, à écouter ce membre et possiblement à le référer à quelqu'un plus en mesure de répondre à son besoin, à le référer à des programmes, des institutions ou des organisations susceptibles de l'aider.

Nous ne sommes pas les AA, ni des psychologues, ni des avocats généralistes. Nous ne pouvons assumer et assurer tous les besoins de nos membres, mais nous pouvons, dans les limites de notre mandat général d'entraide et de support, aider nos membres à trouver les ressources nécessaires pour faire face à leurs problèmes.

L'important est de ne pas les laisser dans le vide avec leurs problèmes tout en ne les prenant pas en charge au-delà de nos obligations, mandats ou politiques. Il est important de bien définir les limites de ce que l'on peut faire et d'en informer la personne concernée, de lui suggérer des alternatives, si nécessaire.

Les limites dictées par la nature même du rôle de déléguée
Une personne en difficulté n'a pas besoin d'un jugement sur ce qu'elle est ou sur ce qu'elle vit, que ce jugement soit positif ou négatif. Lorsque la déléguée dit à quelqu'un qui vient d'être congédié : Tu as raison, ils sont dans le champ !, elle présume des résultats de son enquête et amène la plaignante à se voir surtout – ou seulement – comme une victime. Or, la vie est rarement aussi simple. Ce n'est pas comme de lui dire : Je sais que c'est difficile pour toi et je vais faire tout ce qu'il faut pour qu'on sache vraiment ce qui s'est passé, pour que tu sois respectée dans tes droits. La déléguée ne doit pas présumer du résultat du grief ou donner de faux espoirs, mais doit garantir qu'elle fera tout ce qu'elle croit possible de faire pour régler le problème.

Tiré : Anna Pilote, cahier de participation : Session pour les déléguées du STTCPE Estrie-CSN, FSSS, octobre 2007.

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